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Dernière mise à jour le 09 novembre 2024
Vendre du bois : Que faut-il savoir ?
Puisqu'on ne vend, en général, la même coupe de bois qu'une seule fois dans sa vie, il convient de se poser quelques questions avant de se lancer. Quel type de coupe est adapté à ma parcelle ? A quelle structure je vais faire appel pour réaliser les travaux ? Quelles garanties dois-je exiger ? Nous essayons dans ce dossier de répondre à ces questions légitimes pour tous les propriétaires forestiers.
Selon leur état de développement, selon les essences, l’âge, le potentiel des sols… les parcelles de forêt doivent être traitées différemment :
- Couper trop tôt, c’est couper le blé en herbe. Trop attendre, c’est parfois perdre de l’argent. Le châtaignier, par exemple, est un arbre qui vieillit mal dans notre département.
- Couper des arbres qui peuvent produire du bois d’œuvre mais ne sont pas encore mûrs, c’est dégrader la valeur de son patrimoine. Parfois, réaliser des éclaircies au profit des plus beaux arbres permet de passer d’une production de bois de chauffage à une production de bois d’œuvre. Une coupe rase n’est pas toujours la meilleure option.
Il est donc nécessaire de faire réaliser un diagnostic par un conseiller forestier. Les parcelles de bois font partie intégrante de votre propriété. Vous n’aurez certainement la possibilité de les couper qu’une fois! Cette décision ne doit pas être prise à la légère.
Prenez rendez-vous avec un conseiller forestier : Conseiller Chambre d’agriculture (contact en bas de page) ou CRPF Occitanie.
Les exploitants forestiers proposent des prix d’achat qui peuvent paraître arbitraires. Quels sont les éléments qu’ils intègrent pour constituer leur offre ? Il faut savoir que de nombreux facteurs interviennent :
- La surface et le volume disponibles, car les coûts engendrés pour déplacer le matériel seront mieux amortis par une surface plus importante ou un regroupement de chantiers.
- Le type de coupe : une coupe rase est plus facile à réaliser qu'une éclaircie, donc les exploitants seront amenés à vous proposer en priorité ce type de coupes.
- La qualité des bois : la répartition entre bois d'œuvre, bois d'industrie et bois de feu, les essences présentes, les défauts apparents, la grosseur des arbres sont autant de facteurs qui font varier la valeur.
- Les conditions d'exploitation : la pente et une distance de débardage la plus courte possible sont des facteurs favorables. Par exemple, si l’exploitant peut utiliser un tracteur porteur, les coûts seront réduits. La proximité d’une route accessible aux camions est un plus.
- Les contraintes extérieures, notamment celles qui concernent l’accès à la parcelle, par exemple une route à tonnage limité, le passage par le terrain d'un voisin….
Une forêt sans accès n'a pas de valeur économique. Les camions doivent pouvoir venir le plus près possible de la coupe pour limiter le temps de débardage. Les tracteurs, que ce soit un porteur ou un skiddeur, ainsi que les bûcherons doivent pouvoir accéder facilement au chantier.
Ces frais d'équipement seront déduits du prix d'achat des bois.
Vendre en limitant les risques implique d'utiliser une structure de vente qui propose des prix justes, des garanties de paiement et la remise en état du terrain. Il est essentiel de faire appel à plusieurs acheteurs pour pouvoir comparer leurs offres. Plusieurs modes de vente sont pratiqués, il faut utiliser celui qui est le mieux adapté à sa coupe et à ses moyens.
- Vendre sur pied, en bloc. C'est le mode le plus fréquemment proposé. Lorsqu’il est présenté par l’acheteur, il ne présente aucune clarté pour le vendeur qui ne connaît ni le volume, ni les qualités présentes. Vous pouvez faire cuber votre parcelle au préalable par un expert ou un gestionnaire, ce qui vous permettra de mieux approcher la valeur de votre bien.
- Vendre sur pied à l'unité de produit. Le vendeur et l'acheteur s'entendent avant la coupe, par contrat, sur un prix par qualité de bois. Le volume est mesuré abattu, en général à port de camion. La rémunération de la coupe est plus juste mais il faut pouvoir contrôler les volumes sortis.
- Vendre bord de route. Le vendeur assure l’exploitation et le débardage, il amène les produits à port de camion, selon les caractéristiques de dimension et de qualité définies avec l'acheteur. La valeur ajoutée est maximum pour le vendeur. Mais il faut s'entourer de garanties pour que le bois ne reste pas bord de route, c’est-à-dire :
- établir au préalable par contrat avec l'acheteur les prix par qualités de produits ;
- sortir à chaque fois au moins le volume d'un camion ;
- respecter scrupuleusement les dimensions et qualités demandées, ébrancher soigneusement pour que certaines billes ne soient pas rejetées.
Le contrat de vente est votre seule garantie en cas de problème avec l’exploitant forestier. C’est à ce document qu’il sera fait référence en cas de litige. Vérifiez si le contrat que l'on vous propose contient tous ces éléments :
- Le nom du propriétaire vendeur et ses coordonnées.
- Le nom et les coordonnées de l'acheteur.
- La désignation précise de la coupe : parcelles cadastrales et surfaces (avec une copie du plan).
- La nature de la coupe : rase ou éclaircie.
- Le prix : vente en bloc ou par qualité si la vente se fait à l'unité de produits.
- Les modes et délais de règlement.
- Le délai d'exploitation.
- Les responsabilités de l'acheteur, notamment au niveau des dégâts.
Les conditions particulières : vous pouvez faire indiquer des éléments particuliers à votre parcelle, qui deviennent contractuels. Par exemple, respect des arbres réservés, rangement des branches, remise en état des chemins, des aires de stockage, des clôtures...
Contact
Sebastien CALMELS
Forêt